LES DIFFERENTES CARTOLISTES PAR DECLINAISON
On peut considérer que la production de cartes postales de Georges Marchand se réparti en plusieurs catégories distinctes selon les marquages apposés dans le temps au fil des productions réalisées. On y trouve :
- Les cartes postales marquées sur le recto par une écriture verticale placée sur la partie gauche de l'image ou, à l’horizontal sur la partie inférieure de la vue « Vve Ed M ».
- Les cartes postales comprenant au verso l’identification « Pap. Mon Ed. Marchand – 174 Grande Rue » pour des images généralement complétées par un cadre blanc.
- Les cartes postales exposant sur le recto en lettre majuscule de couleur rouge la lettre « M » et dont l'identifiant de la carte postale est communément écrit en rouge.
- Les cartes postales comprenant au recto la signature manuscrite de l’auteur « G. Marchand », clichés largement majoritaires de la production " Marchand " et dont certaines vues portent en sus, sous la signature de l'auteur, la marque « Bettembos », ceci afin de différencier l'auteur du cliché, de l'éditeur du support, étant donné que George Marchand oeuvra quelques temps pour son successeur après la vente de la librairie en 1911.
- Les cartes postales portant au recto la marque d’impression « Marchand Dieppe ».
- Les cartes postales montrant sur le recto les initiales « G. M. », principalement suivies du n° de la carte et la désignation du lieu présenté.
- Les cartes postales se rapportant à « Bettembos » qui racheta la librairie et le fond de Georges Marchand en 1911, utilisant parfois d’anciens clichés « Marchand » pour une réédition de cartes postales nouvellement numérotées sous la marque « Bettembos », éditeur qui produisit également une production de nouveaux clichés numérotés, soit de sa main, soit de l'oeuvre de Georges Marchand qui continua quelques temps à produire des photos pour le compte de son successeur. A ce stade, il est difficile de différencier avec certitudes la production " Marchand " de celle de " Béttembos " sauf de considérer que les clichés portant la double mention " Signature G. Marchand " et " Marque d'impression Bettembos " pourraient être l'oeuvre originale de Georges Marchand et l'imprimeur seulement " Bettembos ".
- Les cartes postales portant dès 1922 la marque d’impression « Louis Vidière », vues pouvant provenir de la production de Georges Marchand et choisies par Louis Vidière pour une réédition parfois renumérotées et imprimées sous la marque d'impression « Vidière ». On peut trouver également des clichés repris de la production « Bettembos », mais aussi de nouvelles scènes réalisées par Mr Vidière lui-même. Egalement, il reste délicat à ce stade de répartir les clichés du nouvel éditeur de ceux puisés dans les productions "Marchand et " Bettembos".
EN RESUME...
Les scènes immortalisées par Georges Marchand sont le plus souvent reconnaissables par des caractéristiques intrinsèques à l’auteur à savoir qu’il prenait généralement de la hauteur en se positionnant sur un escabeau pour effectuer sa prise de vue, se retrouvant ainsi à 2,5 mètres du sol environ . Il avait ainsi une vue plongeante sur la scène qu’il souhaitait saisir. Globalement, George Marchand aimait à ce que des gens animent les décors lors des prises, que ce soit des ouvriers au travail, des promeneurs, des enfants, des moments de villégiature, des scènes de rue de la vie quotidienne. La police de caractères employée sur le recto de la carte postale pour authentifier le lieu immortalisé était bien souvent la même, particulièrement pour les cartes comportant sa signature manuscrite.
Ces particularités distinctives des autres photographes, propriétés significatives et dominantes de l’auteur, doivent appeler à réflexion lors de l’observation d’une carte postale ancienne portant spécialement la marque d’imprimeur « Bettembos » ou « Vidiere », ceci afin de déterminer ou du moins d'estimer l'origine vraisemblable du cliché, même si l'ambigüité laissera toujours une large part au doute.
SENS DU MOT CARTOLISTE...
Par interprétation ou définition, une " Cartoliste " est l’énumération de toutes les pièces qui composent une série de documents choisis sur un thème particulier mais aussi la production la plus juste possible liée à un sujet tel qu'un éditeur, un photographe, un dessinateur, un illustrateur, un caricaturiste. Une cartoliste peut être également relative à un lieu géographique, à une période singulièrement marquante ou à une spécificité particulière, propre à l'envie de son producteur.
Elle peut-être organisée alphabétiquement selon le titre donné à l'œuvre réalisée, temporellement ordonnée sur une période donnée, ou, ordonnancée numériquement en reprenant la numérotation originale de l’auteur, comme c’est le cas ici, pour le photographe dieppois Georges Marchand et sa collection de clichés sur de nombreux lieux typiques et captivants de la Seine-Maritime, dont il en sortira une production considérable de cartes postales anciennes, toutes numérotées méthodiquement, collection débutant par la plus connue des scènes dieppoises, tant reprise par de nombreux photographes locaux, c'est à dire, le casino mauresque sur fond de plage, clichés n°1, immortalisé des hauteurs du vieux château de Dieppe.
Cette cartoliste propose de temps à autre des cartes similaires portant le même numéro mais avec un émargement différent mais aussi des cartes postales montrant des vues différentes ayant le même numéro d'identification. Tantôt une carte peut porter la signature de Georges Marchand, tantôt la marque Louis Vidière ou Albert Bettembos. Elle peut également être estampillée Vve Ed. M, ou bien encore marquée de la lettre M. Il arrive aussi que certaines cartes portent plusieurs griffes selon l'époque de fabrication ou de réédition de l'éditeur du moment. L'intérêt prioritaire de cette cartoliste richement détaillée est d'être la plus complète soit-elle afin d'en dévoiler une analyse iconographique la plus fiable qu'il soit.